ESTELLE LAGARDE
"De Anima Lapidum"
LA COLLECTION
"40 photographies pour 40 bougies"
CAROLINE CHIK
"Humanité"
JEAN-CLAUDE DELALANDE
"Quotidien"
MATHIAS GRENNHALGH
"Wallsekaai 47 (FOMU)"
RAPHAEL HELLE
"Dérèglement"
MIREILLE LOUP
"Beneath-beyond"
MARIE MONS
"Aurore Colbert"
CLAIRE ET PHILIPPE ORDIONI
"Portraits baroques"
ANITA POUCHARD-SERRA
"Urbanités latentes"
MELANIE WENGER
"Marie-Claude, la dame aux poupées"
ADRIEN BASSE-CATHALINAT
"La ligne"
BENJAMIN JUHEL
"ARK"
ERIC DROUSSENT
"Décalage immédiat"
JEAN PELLAPRAT AVEC JEREMY PAON
"ON-OFF // Grenoble"
FRANCESCA DAL CHELE
"Le passé de l'avenir"

 

BENJAMIN JUHEL

''ARK''

Au pavillon du Parc Théodore Monod / Le Mans

Benjamin Juhel LES PHOTOGRAPHIQUES« Il est important d’évaluer l’échelle humaine à travers toutes ses dimensions, y compris les dimensions cachées de la culture. » Dans son ouvrage La Dimension cachée (1966), l’anthropologue américain Edward T. Hall invente la proxémique : l’étude de la perception et de l’usage de l’espace par l’homme. Il explique ainsi que les individus évoluent dans des mondes sensoriels différents selon les cultures. L’homme et son environnement interagissent, et la dimension cachée est celle du territoire de tout être vivant, de l’espace nécessaire à son équilibre.

 


De l'expérience de nos corps fragiles

En grec ancien, Ark renvoie à l’étymologie de mots tels que coffre, citadelle... Il exprime une limite, une tension entre l’intérieur et l’extérieur, des forces opposées, ce qui contient et ce qui résiste.
Dans cette série, les danseurs formulent une expérience du déséquilibre et de la pesanteur en interaction avec des espaces construits de formes brutes.
Le corps se dessine dans l'espace et pour faire exister les vides. L'action proposée vient soulever des tensions entre ancrage au sol et pesanteur de l'architecture. Silhouettes échouées, postures arrêtées, la danse vient tantôt comme une lutte, tantôt comme une résignation sur des arrière-plans aux lignes monumentales.
Par sa présence à l'intérieur de la forme construite, le danseur nous invite à interroger la possibilité du vide, les distances, la tension existente dans les espaces de transitions, territoires de flux dans lesquels le corps du vivant se déplace de manière automatisée.
Les constructions sont brutes, lourdes, rugueuses. Les lignes sont géométriques et anguleuses. En revanche le corps est léger, organique et vulnérable. Par un travail de mouvement en réponse à la structure de l'espace, par l'écriture physique des distances entre le Corps vivant/ Corps mou et la matière construite/ rigide, le corps est alors en situation fragile.

BENJAMIN JUHEL

Biographie

Né en 1984 en Normandie. Vit et travaille à Bordeaux.
Après des études à l’Ecole des Beaux-Arts achevées en 2005, Benjamin Juhel poursuit ses recherches en images photographie et film autour des corps mis en scène. Il travaille parallèlement pour la publicité et intervient en photographie dans diverses structures.

En 2007, il dirige à Bombay le workshop « Body.Space.Area » avec The Company Theater. Ce temps de recherche auprès de
comédiens, danseurs, plasticiens, autour de la formulation du geste simple, des rythmes en mouvement, et du rapport aux espaces, affirme sa conception de la mise en scène chorégraphique.
Il associe par la suite les problématiques de structures des corps aux espaces et à l’architecture. Les projets « Silence » (Live Cinema) & « Improvisations Urbaines » (Videodanse) réalisés en collaboration avec Thierry Mabon _ ainsi que « ARK » (Film & Photographie), en association avec Anne Charlotte Baranger, évoquent ces rapports aux rythmes et aux structures. Chacune de ses séries propose un fondement sociologique, un regard sur l’Humain, l’Habitat, la Représentation, qu’il traduit dans des images de fiction.

Benjamin Juhel met en scène ses personnages, fabrique ses images, avec la liberté de composer qu’offre la peinture en surface,
et le chorégraphique en espace.

La société du spectacle, la désindividualisation, la mécanisation du rapport humain, sont des éléments fondateurs de ses projets. Il transmet cette perception du monde par un éloge de la solitude, de l’absence et de la fragilité.